QUAND LA POLICE NE SE SENT PAS CONÇERNÉE
Posté le 05/04/2009 à 12:00 par diophanteARTICLE RELEVÉ SUR RUE 89 , Je ne peut même commenter cet article , car cela c'est connu depuis fort longtemps , et laisse un écoeurement total , un immense dégout sur tous ces gens en uniformes , qui représente la loi . Comme si une carte de presse n'était pas une piéce d'identité .
Témoignage
Interpellé, un photographe porte plainte (les policiers aussi)
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 04/04/2009 | 12H28
Un malfaiteur vole une voiture, des policiers le prennent en chasse, ils l'arrêtent, un photographe de presse prend des clichés… Ils l'arrêtent aussi. C'était lundi dernier, dans le centre de Besançon.
Claude Mislin, rédacteur en chef adjoint au quotidien régional L'Alsace-Le Pays et cofondateur du site MaCommune.info (pour lequel il couvrait le fait divers), déclare qu'il a été ceinturé et pris violemment par le cou par plusieurs policiers. Son site raconte ainsi sa mésaventure :
Photo : arrestation d'un chauffard le 30 mars à Besançon (Claude Mislin).
« Vers 19h45, plusieurs policiers viennent d'arrêter un voleur de voiture après une course-poursuite. La voiture est endommagée et l'auteur présumé du vol est assis par terre, les mains menottées dans le dos. Il n'y a plus de danger. Le journaliste sort son appareil photo et a juste le temps de faire d'assez loin deux images au téléobjectif avant d'être ceinturé par plusieurs policiers, dont au moins un en civil.
Le journaliste, qui a trente ans de métier, décline immédiatement sa profession sans pouvoir interrompre l'action pour le moins musclée des policiers qui ne lâcheront partiellement prise qu'au moment où ils auront réussi à arracher violemment son appareil photo.
Quand le journaliste veut montrer sa carte de presse, on la refuse et on lui réclame sa seule carte nationale d'identité. Se souvenant peut-être que tout le monde peut prendre des photos sur la voie publique et a fortiori un reporter, un des policiers en civil se récrie et accuse le journaliste de ne pas avoir dit qui il était. »
Une « méprise » due au stress ? La version de la police aurait varié
Claude Mislin a ensuite été emmené au commissariat, où on lui a rendu son appareil, sans en effacer les photos. Il a demandé à parler au directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), qui aurait défendu ses troupes en invoquant une « méprise », et mis cette interpellation sur le compte du stress de la BAC après l'arrestation du chauffard.
Le bureau du DDSP ne nous a pas envoyé le communiqué annoncé, a décliné notre demande d'entretien, et n'a pas pris notre second appel.
Ce communiqué invisible pour Rue89, MaCommune.info le cite dans un article. Le DDSP y explique que les policiers auraient ceinturé sans violence Claude Mislin, et que le journaliste
« aurait refusé, sans se présenter et sans raison, de reculer conformément aux consignes de sécurité imposées par les policiers intervenants alors que le chauffard était considéré comme dangereux et connu par les forces de l'ordre pour des faits graves, dont vol avec arme ».
Claude Mislin affirme qu'il n'y avait aucun périmètre de sécurité. Il ajoute qu'un médecin lui a prescrit quatre jours d'interruption totale de travail.
Quatre jours d'ITT pour le journaliste, mais la police n'y serait pour rien
Un communiqué du syndicat Unsa-Police donne une version détaillée et parfois lyrique des faits, qui évoque le « sang froid » des policiers après le « rodéo sauvage » du chauffard. Les policiers ne seraient pour rien dans les quatre jours d'ITT : « Il n'a subi aucune violence […]. Cette personne est repartie ne se plaignant de rien. »
Le journaliste a déposé plainte pour « entrave à la liberté d'expression et du travail » et « violences volontaires ». Le procureur de la République de Besançon a ensuite ouvert une enquête, confiée à la direction régionale de la police judiciaire de Dijon.
De leur côté, les policiers mis en cause -combien ? mystère- annoncent, par l'intermédiaire de l'Unsa, déposer des plaintes individuelles pour « dénonciation calomnieuse ».
Le syndicat national des journalistes (SNJ), parle de « nouvelle bavure » dans un communiqué (qui évoque aussi l'affaire France 3 contre Rue89).
Au mois de décembre, un photojournaliste de l'AFP avait été violemment interpellé par la police alors qu'il couvrait une manifestation lycéenne, à Lyon.
Lyon : "Pas de photos. Maintenant, c'est comme ça"
Par Jean-Philippe Ksiazek | Photographe | 17/12/2008 | 18H15
Lors d'une manifestation lycéenne place Bellecour à Lyon, mardi vers 17h30, des policiers ont empêché deux photographes de l'AFP de faire leur travail. L'un d'eux, Jean-Philippe Ksiazek, raconte à Rue89 comment les hommes en bleu lui ont « arraché » son appareil avant d'en effacer toutes les photos.
(De Lyon) Les lycéens n'étaient pas très nombreux, une cinquantaine, et bloquaient l'un des côtés de la place. Il y avait une dizaine de camions de CRS, et nous étions cinq photographes : trois indépendants et deux de l'AFP, mon collègue Fred Dufour et moi, venus du bureau de l'agence qui se trouve juste à côté. Nous avions notre brassard de presse.
Des policiers sont venus vers nous et nous ont dit : « Pas de photos. » J'ai répondu que j'avais une carte de presse, que je faisais mon travail :
« - Aujourd'hui, c'est interdit de faire des photos.
- Pourquoi aujourd'hui ?
[s]- Parce que maintenant, c'est comme ça. »[/s]
Apparemment, c'est pour des raisons de droit à l'image des policiers. Ensuite, les CRS ont repoussé les jeunes de la chaussée, très proprement, en procédant à deux ou trois arrestations.
Ils ont essayé de nous empêcher de photographier. Ils ont bloqué Fred sur un mur, avec une matraque dans le cou et une sur la poitrine, en lui disant : « Toi, tu travailles pas. »
Moi j'ai réussi à faire quelques photos. Juste après, deux CRS et un policier coiffé d'un képi m'ont embarqué en me faisant une clé de bras :
- Maintenant, tu effaces toutes tes photos.
- Non, il n'y a pas de raison que je fasse ça. Je suis journaliste, j'ai ma carte de presse, je travaille. »
Ils voulaient m'emmener au poste, comme si j'avais braqué une banque. Puis, pendant que deux policiers me tenaient, le troisième a arraché mon appareil, qui était en bandoulière autour de mon cou.
Ensuite, ils ont effacé toutes les photos, d'un seul coup, ce qui me laisse supposer qu'ils ont eu une formation pour ça. Il y avait environ 150 photos, d'un blocage de lycée le matin, et de la manifestation de l'après-midi. Ensuite ils m'ont dit : « Voilà, vous pouvez rentrer chez vous. »
Heureusement, comme les photos, même effacées, laissent des traces dans la mémoire de l'appareil, on a pu les récupérer. Elles ont été diffusées.
Photo : Jean-Philippe Ksiazek appréhendé par les policiers, mardi à Lyon (DR)
Le chef du bureau de l'AFP à Lyon a protesté auprès des autorités, et on lui a répondu : « Envoyez un courrier. »
Il y a une nouvelle manifestation lycéenne jeudi à Lyon, on verra comment ça se passe.
Photo : Jean-Philippe Ksiazek appréhendé par les policiers, mardi à Lyon (DR)
Témoignage
Interpellé, un photographe porte plainte (les policiers aussi)
Par Augustin Scalbert | Rue89 | 04/04/2009 | 12H28
Un malfaiteur vole une voiture, des policiers le prennent en chasse, ils l'arrêtent, un photographe de presse prend des clichés… Ils l'arrêtent aussi. C'était lundi dernier, dans le centre de Besançon.
Claude Mislin, rédacteur en chef adjoint au quotidien régional L'Alsace-Le Pays et cofondateur du site MaCommune.info (pour lequel il couvrait le fait divers), déclare qu'il a été ceinturé et pris violemment par le cou par plusieurs policiers. Son site raconte ainsi sa mésaventure :
Photo : arrestation d'un chauffard le 30 mars à Besançon (Claude Mislin).
« Vers 19h45, plusieurs policiers viennent d'arrêter un voleur de voiture après une course-poursuite. La voiture est endommagée et l'auteur présumé du vol est assis par terre, les mains menottées dans le dos. Il n'y a plus de danger. Le journaliste sort son appareil photo et a juste le temps de faire d'assez loin deux images au téléobjectif avant d'être ceinturé par plusieurs policiers, dont au moins un en civil.
Le journaliste, qui a trente ans de métier, décline immédiatement sa profession sans pouvoir interrompre l'action pour le moins musclée des policiers qui ne lâcheront partiellement prise qu'au moment où ils auront réussi à arracher violemment son appareil photo.
Quand le journaliste veut montrer sa carte de presse, on la refuse et on lui réclame sa seule carte nationale d'identité. Se souvenant peut-être que tout le monde peut prendre des photos sur la voie publique et a fortiori un reporter, un des policiers en civil se récrie et accuse le journaliste de ne pas avoir dit qui il était. »
Une « méprise » due au stress ? La version de la police aurait varié
Claude Mislin a ensuite été emmené au commissariat, où on lui a rendu son appareil, sans en effacer les photos. Il a demandé à parler au directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), qui aurait défendu ses troupes en invoquant une « méprise », et mis cette interpellation sur le compte du stress de la BAC après l'arrestation du chauffard.
Le bureau du DDSP ne nous a pas envoyé le communiqué annoncé, a décliné notre demande d'entretien, et n'a pas pris notre second appel.
Ce communiqué invisible pour Rue89, MaCommune.info le cite dans un article. Le DDSP y explique que les policiers auraient ceinturé sans violence Claude Mislin, et que le journaliste
« aurait refusé, sans se présenter et sans raison, de reculer conformément aux consignes de sécurité imposées par les policiers intervenants alors que le chauffard était considéré comme dangereux et connu par les forces de l'ordre pour des faits graves, dont vol avec arme ».
Claude Mislin affirme qu'il n'y avait aucun périmètre de sécurité. Il ajoute qu'un médecin lui a prescrit quatre jours d'interruption totale de travail.
Quatre jours d'ITT pour le journaliste, mais la police n'y serait pour rien
Un communiqué du syndicat Unsa-Police donne une version détaillée et parfois lyrique des faits, qui évoque le « sang froid » des policiers après le « rodéo sauvage » du chauffard. Les policiers ne seraient pour rien dans les quatre jours d'ITT : « Il n'a subi aucune violence […]. Cette personne est repartie ne se plaignant de rien. »
Le journaliste a déposé plainte pour « entrave à la liberté d'expression et du travail » et « violences volontaires ». Le procureur de la République de Besançon a ensuite ouvert une enquête, confiée à la direction régionale de la police judiciaire de Dijon.
De leur côté, les policiers mis en cause -combien ? mystère- annoncent, par l'intermédiaire de l'Unsa, déposer des plaintes individuelles pour « dénonciation calomnieuse ».
Le syndicat national des journalistes (SNJ), parle de « nouvelle bavure » dans un communiqué (qui évoque aussi l'affaire France 3 contre Rue89).
Au mois de décembre, un photojournaliste de l'AFP avait été violemment interpellé par la police alors qu'il couvrait une manifestation lycéenne, à Lyon.
Lyon : "Pas de photos. Maintenant, c'est comme ça"
Par Jean-Philippe Ksiazek | Photographe | 17/12/2008 | 18H15
Lors d'une manifestation lycéenne place Bellecour à Lyon, mardi vers 17h30, des policiers ont empêché deux photographes de l'AFP de faire leur travail. L'un d'eux, Jean-Philippe Ksiazek, raconte à Rue89 comment les hommes en bleu lui ont « arraché » son appareil avant d'en effacer toutes les photos.
(De Lyon) Les lycéens n'étaient pas très nombreux, une cinquantaine, et bloquaient l'un des côtés de la place. Il y avait une dizaine de camions de CRS, et nous étions cinq photographes : trois indépendants et deux de l'AFP, mon collègue Fred Dufour et moi, venus du bureau de l'agence qui se trouve juste à côté. Nous avions notre brassard de presse.
Des policiers sont venus vers nous et nous ont dit : « Pas de photos. » J'ai répondu que j'avais une carte de presse, que je faisais mon travail :
« - Aujourd'hui, c'est interdit de faire des photos.
- Pourquoi aujourd'hui ?
[s]- Parce que maintenant, c'est comme ça. »[/s]
Apparemment, c'est pour des raisons de droit à l'image des policiers. Ensuite, les CRS ont repoussé les jeunes de la chaussée, très proprement, en procédant à deux ou trois arrestations.
Ils ont essayé de nous empêcher de photographier. Ils ont bloqué Fred sur un mur, avec une matraque dans le cou et une sur la poitrine, en lui disant : « Toi, tu travailles pas. »
Moi j'ai réussi à faire quelques photos. Juste après, deux CRS et un policier coiffé d'un képi m'ont embarqué en me faisant une clé de bras :
- Maintenant, tu effaces toutes tes photos.
- Non, il n'y a pas de raison que je fasse ça. Je suis journaliste, j'ai ma carte de presse, je travaille. »
Ils voulaient m'emmener au poste, comme si j'avais braqué une banque. Puis, pendant que deux policiers me tenaient, le troisième a arraché mon appareil, qui était en bandoulière autour de mon cou.
Ensuite, ils ont effacé toutes les photos, d'un seul coup, ce qui me laisse supposer qu'ils ont eu une formation pour ça. Il y avait environ 150 photos, d'un blocage de lycée le matin, et de la manifestation de l'après-midi. Ensuite ils m'ont dit : « Voilà, vous pouvez rentrer chez vous. »
Heureusement, comme les photos, même effacées, laissent des traces dans la mémoire de l'appareil, on a pu les récupérer. Elles ont été diffusées.
Photo : Jean-Philippe Ksiazek appréhendé par les policiers, mardi à Lyon (DR)
Le chef du bureau de l'AFP à Lyon a protesté auprès des autorités, et on lui a répondu : « Envoyez un courrier. »
Il y a une nouvelle manifestation lycéenne jeudi à Lyon, on verra comment ça se passe.
Photo : Jean-Philippe Ksiazek appréhendé par les policiers, mardi à Lyon (DR)
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