SILENCE ON EXPULSE
Posté le 12/09/2008 à 12:00 par diophante
Le décret de Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, dont la mise en application est prévue pour le mois de janvier 2009, fait l’effet d’une bombe. Outre la mise en place d’un processus de démantèlement des structures d’accompagnement des étrangers dans les Centres de rétention administrative, le texte prévoit de contraindre les associations à une clause de neutralité et de confidentialité. Des décisions qui ne semblent être du goût des organisations concernées, comme la Cimade et SOS soutien des sans-papiers qui voient dans ce décret une volonté du gouvernement de les faire taire.
L’annonce est tombée comme un couperet. Le nouveau décret de Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, a déchaîné la colère des associations d’aide aux étrangers, au premier rang desquelles figurent la Cimade (service œcuménique d’entraide) et SOS soutien des sans-papiers. D’après le communiqué de presse de la Cimade, ce texte daté du 23 aout 2008 « engagerait un processus de démantèlement de toute possibilité sérieuse d’accompagnement et de défense des droits des étrangers en rétention ». Pour cette association, la seule à pouvoir se rendre dans les centres de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les sans-papiers en voie d’expulsion, ce texte sonne comme la fin de sa mission.
La fin du monopole de la Cimade
« Le gouvernement a fait un appel d’offre, La Cimade ne sera plus la seule dans les CRA ». « Le marché est désormais ouvert à toute les personnes morales comme les structures parapubliques et les sociétés privées qui auront beaucoup de mal à garder leur indépendance de parole », nous explique Damien Nantes, membre de la Cimade. « De plus, Brice Hortefeux prévoit la division de la France en huit zones territoriales (chacune comprenant trois à cinq centres de rétention), un moyen pour lui d’éviter toute vue d’ensemble sur sa politique », ajoute-t-il. Ce décret aux allures de « sanction disciplinaire » intervient alors que les relations entre le ministère et l’association ne cessent de se détériorer. Exit donc la convention triennale qui liait l’Etat à la Cimade et l’autorisait à apporter son soutien juridique dans les CRA. L’heure semble être au « divorce ».
Quand la sanction tombe
Et le ministère de l’Immigration ne s’arrête pas là. Le texte contraint les associations à un devoir de confidentialité et de neutralité. Une manière pour l’Etat de les contrôler. « Avec cette clause, les organisations n’ont plus droit au châpitre, elles ne peuvent donc plus témoigner de la situation des sans-papiers », précise Damien Nantes. Pour lui, « les pouvoirs publics ont été agacé par le rôle d’information de la Cimade lors des incidents dans les CRA de Vincennes et Mesnil ».
L’organisation semble payer au prix fort sa position critique envers la politique d’immigration. Et elle n’est pas la seule à être sanctionnée. Brice Hortefeux a engagé des poursuites à l’encontre de SOS soutien des sans papiers accusant ses militants d’avoir incité la révolte des étrangers dans le CRA de Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, début août. Pour Jean-Christophe Berrier, membre du Comité de soutien de Tours, « le gouvernement essaye de criminaliser tout ceux qui soutiennent les étrangers ». Il explique, confiant, que « l’Etat n’arrivera pas à faire taire les sans-papiers malgré la clause de neutralité et de confidentialité » ajoutant que « l’opinion publique réagira comme elle l’a déjà fait lors de rafles dans les écoles ».
Pour l’heure, Brice Hortefeux prépare tranquillement sa conférence sur le droit d’asile qui aura lieu les 3 et 4 novembre prochains à…Vichy.
Les 3 et 4 novembre prochains, le ministre de l'Immigration et de
l'Identité Nationale, Hortefeux, organise une conférence européenne sur la
gestion de l'immigration.
Dans le contexte de la Directive retour adoptée par le Parlement européen,
le gouvernement français veut faire adopter un Pacte européen sur
l'immigration et l'asile, pour faire de l'Europe une forteresse. Seront
présents tous les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union
Européenne, et 200 autres députés, sénateurs, représentants de régions,
etc.
Et pour accueillir tous les officiels européens de la chasse à l'immigré,
la France a choisi Vichy ! Venant de la droite française décomplexée,
affirmant vouloir casser l'héritage de la résistance, en finir avec la
repentance, martelant que « le travail rend libre » (comme il était
inscrit au fronton du camp d'Auschwitz), mettant en place la « rétention
de sûreté », le choix de cette ville n'est pas un hasard.
A l'heure où les révoltes se multiplient dans les camps de rétentions
(incendie de Vincennes par exemple), à l'heure où des militants sont
emprisonnés pour avoir soutenu des sans-papiers, à l'heure ou RESF (Réseau
Education Sans Frontière) est qualifié de menace pour l'ordre public et la
sûreté de l'Etat, à l'heure où le fichage des individus devient
systématique, il nous faut prendre acte de la gravité de la situation
politique.
Sous nos yeux les sans-papiers sont pourchassés par la police nationale, à
tel point qu'ils se jettent dans les fleuves, par les fenêtres, qu'ils se
suicident pendant leur rétention. Quant aux personnes solidaires qui les
soutiennent et les cachent, elles sont de plus en plus surveillées, font
l'objet de perquisitions, gardes à vues, ou emprisonnement.
Nous devons trouver la force de réagir, ensemble. Si en face, l'État
renoue avec les pratiques vichystes (rafles, fichages, arrestations de
militants, etc.), nous devons aussi renouer avec des pratiques de
résistance. Ce sommet européen sur l'Immigration est l'occasion pour
toutes les personnes prêtes à dire non à la France nationaliste, non à la
France du fric et des flics. Tout comme à l'échelle de nos villes, de nos
rues, de nos écoles, nous devons empêcher la police de rafler, nous devons
empêcher les chefs européens de se réunir pour planifier la chasse à
l'homme généralisée.
A l'initiative de RESF et d'autres collectifs locaux, une mobilisation est
prévue à Vichy. Organisons des départs de cars depuis toutes les grandes
villes et rassemblons-nous pour opposer au racisme officiel un front uni
de combat, une force d'action suffisamment puissante pour empêcher la
tenue de cette conférence honteuse.
Tous et toutes à Vichy pour résister !
Le décret de Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, dont la mise en application est prévue pour le mois de janvier 2009, fait l’effet d’une bombe. Outre la mise en place d’un processus de démantèlement des structures d’accompagnement des étrangers dans les Centres de rétention administrative, le texte prévoit de contraindre les associations à une clause de neutralité et de confidentialité. Des décisions qui ne semblent être du goût des organisations concernées, comme la Cimade et SOS soutien des sans-papiers qui voient dans ce décret une volonté du gouvernement de les faire taire.
L’annonce est tombée comme un couperet. Le nouveau décret de Brice Hortefeux, le ministre français de l’Immigration, a déchaîné la colère des associations d’aide aux étrangers, au premier rang desquelles figurent la Cimade (service œcuménique d’entraide) et SOS soutien des sans-papiers. D’après le communiqué de presse de la Cimade, ce texte daté du 23 aout 2008 « engagerait un processus de démantèlement de toute possibilité sérieuse d’accompagnement et de défense des droits des étrangers en rétention ». Pour cette association, la seule à pouvoir se rendre dans les centres de rétention administrative (CRA) où sont enfermés les sans-papiers en voie d’expulsion, ce texte sonne comme la fin de sa mission.
La fin du monopole de la Cimade
« Le gouvernement a fait un appel d’offre, La Cimade ne sera plus la seule dans les CRA ». « Le marché est désormais ouvert à toute les personnes morales comme les structures parapubliques et les sociétés privées qui auront beaucoup de mal à garder leur indépendance de parole », nous explique Damien Nantes, membre de la Cimade. « De plus, Brice Hortefeux prévoit la division de la France en huit zones territoriales (chacune comprenant trois à cinq centres de rétention), un moyen pour lui d’éviter toute vue d’ensemble sur sa politique », ajoute-t-il. Ce décret aux allures de « sanction disciplinaire » intervient alors que les relations entre le ministère et l’association ne cessent de se détériorer. Exit donc la convention triennale qui liait l’Etat à la Cimade et l’autorisait à apporter son soutien juridique dans les CRA. L’heure semble être au « divorce ».
Quand la sanction tombe
Et le ministère de l’Immigration ne s’arrête pas là. Le texte contraint les associations à un devoir de confidentialité et de neutralité. Une manière pour l’Etat de les contrôler. « Avec cette clause, les organisations n’ont plus droit au châpitre, elles ne peuvent donc plus témoigner de la situation des sans-papiers », précise Damien Nantes. Pour lui, « les pouvoirs publics ont été agacé par le rôle d’information de la Cimade lors des incidents dans les CRA de Vincennes et Mesnil ».
L’organisation semble payer au prix fort sa position critique envers la politique d’immigration. Et elle n’est pas la seule à être sanctionnée. Brice Hortefeux a engagé des poursuites à l’encontre de SOS soutien des sans papiers accusant ses militants d’avoir incité la révolte des étrangers dans le CRA de Mesnil-Amelot, en Seine-et-Marne, début août. Pour Jean-Christophe Berrier, membre du Comité de soutien de Tours, « le gouvernement essaye de criminaliser tout ceux qui soutiennent les étrangers ». Il explique, confiant, que « l’Etat n’arrivera pas à faire taire les sans-papiers malgré la clause de neutralité et de confidentialité » ajoutant que « l’opinion publique réagira comme elle l’a déjà fait lors de rafles dans les écoles ».
Pour l’heure, Brice Hortefeux prépare tranquillement sa conférence sur le droit d’asile qui aura lieu les 3 et 4 novembre prochains à…Vichy.
Les 3 et 4 novembre prochains, le ministre de l'Immigration et de
l'Identité Nationale, Hortefeux, organise une conférence européenne sur la
gestion de l'immigration.
Dans le contexte de la Directive retour adoptée par le Parlement européen,
le gouvernement français veut faire adopter un Pacte européen sur
l'immigration et l'asile, pour faire de l'Europe une forteresse. Seront
présents tous les ministres de l'Intérieur et de la Justice de l'Union
Européenne, et 200 autres députés, sénateurs, représentants de régions,
etc.
Et pour accueillir tous les officiels européens de la chasse à l'immigré,
la France a choisi Vichy ! Venant de la droite française décomplexée,
affirmant vouloir casser l'héritage de la résistance, en finir avec la
repentance, martelant que « le travail rend libre » (comme il était
inscrit au fronton du camp d'Auschwitz), mettant en place la « rétention
de sûreté », le choix de cette ville n'est pas un hasard.
A l'heure où les révoltes se multiplient dans les camps de rétentions
(incendie de Vincennes par exemple), à l'heure où des militants sont
emprisonnés pour avoir soutenu des sans-papiers, à l'heure ou RESF (Réseau
Education Sans Frontière) est qualifié de menace pour l'ordre public et la
sûreté de l'Etat, à l'heure où le fichage des individus devient
systématique, il nous faut prendre acte de la gravité de la situation
politique.
Sous nos yeux les sans-papiers sont pourchassés par la police nationale, à
tel point qu'ils se jettent dans les fleuves, par les fenêtres, qu'ils se
suicident pendant leur rétention. Quant aux personnes solidaires qui les
soutiennent et les cachent, elles sont de plus en plus surveillées, font
l'objet de perquisitions, gardes à vues, ou emprisonnement.
Nous devons trouver la force de réagir, ensemble. Si en face, l'État
renoue avec les pratiques vichystes (rafles, fichages, arrestations de
militants, etc.), nous devons aussi renouer avec des pratiques de
résistance. Ce sommet européen sur l'Immigration est l'occasion pour
toutes les personnes prêtes à dire non à la France nationaliste, non à la
France du fric et des flics. Tout comme à l'échelle de nos villes, de nos
rues, de nos écoles, nous devons empêcher la police de rafler, nous devons
empêcher les chefs européens de se réunir pour planifier la chasse à
l'homme généralisée.
A l'initiative de RESF et d'autres collectifs locaux, une mobilisation est
prévue à Vichy. Organisons des départs de cars depuis toutes les grandes
villes et rassemblons-nous pour opposer au racisme officiel un front uni
de combat, une force d'action suffisamment puissante pour empêcher la
tenue de cette conférence honteuse.
Tous et toutes à Vichy pour résister !
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