MOI LAURA , ETUDIANTE ET PROSTITUÉE
Posté le 02.02.2008 par diophante
Moi Laura, 19 ans, étudiante et prostituée
Laura a 19 ans. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se prostitue. En plus des ses vingt heures de cours, elle travaille quinze heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures, le loyer, les transports… elle n’arrive pas à joindre les deux bouts pour financer ses études.
Laura se situe dans la "fourchette fatale": ses parents ne sont pas assez "pauvres" pour qu’elle bénéficie d’une bourse, mais pas assez "riches" pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu’elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l’oriente vers les Restos du cœur. Mais Laura ne "veut pas voler la place des gens qui n’ont plus rien" explique t-elle à Rue89.
Ambitieuse, en quête d’accomplissement professionnel, Laura tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. "Dès le moment où l’on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage", retrace t-elle aujourd'hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet dans son livre "Mes chères études", qui paraît ce jeudi. On y lit notamment:
"Pas de fric, des factures qui m’en réclament, un appart à payer. (…) Jamais un rond dans les poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s’y fait. Je me dis que les 'massages' me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. Je ne réalise pas que c’est précisément tout l’inverse qui est en train de se produire: je n’aurai plus jamais le choix"
Pour une heure, Laura gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de "l’argent rapide mais pas facile".
Internet, une protection illusoire
En quelques clics sur la toile, Laura s’improvise "escort girl":
"Je me sentais protégée derrière l’écran mais c’était un leurre, car au rendez-vous, j’étais toute seule et personne ne pouvait m’aider."
C’est en lisant une annonce sur Internet que Laura s’est laissée entraîner dans les rouages de la prostitution: "Jeune homme de 50 ans recherche masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues." Au premier rendez-vous, le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre "La prostitution à l’heure des nouvelles technologies de communication", "l’interface avec l’écran représente une protection illusoire":
"La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d’argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants."
Plus qu’une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d’entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée:
"Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l’adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante. "
Et d’ajouter que "la prostitution n’est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement minoritaires".
Par Caroline Vigoureux (Etudiante en journalisme)(Max Milo édi
Moi Laura, 19 ans, étudiante et prostituée
Laura a 19 ans. Le jour, elle est étudiante. La nuit, ponctuellement, elle se prostitue. En plus des ses vingt heures de cours, elle travaille quinze heures par semaine dans une boite de télémarketing. Entre les factures, le loyer, les transports… elle n’arrive pas à joindre les deux bouts pour financer ses études.
Laura se situe dans la "fourchette fatale": ses parents ne sont pas assez "pauvres" pour qu’elle bénéficie d’une bourse, mais pas assez "riches" pour pouvoir la soutenir financièrement. Lorsqu’elle se rend au Crous pour y trouver une aide, on l’oriente vers les Restos du cœur. Mais Laura ne "veut pas voler la place des gens qui n’ont plus rien" explique t-elle à Rue89.
Ambitieuse, en quête d’accomplissement professionnel, Laura tombe dans la spirale du sexe tarifé pour financer sa vie étudiante. "Dès le moment où l’on répond à une annonce, on est déjà dans l’engrenage", retrace t-elle aujourd'hui. A travers un témoignage brut et poignant, elle raconte sa plongée dans le milieu de la prostitution via Internet dans son livre "Mes chères études", qui paraît ce jeudi. On y lit notamment:
"Pas de fric, des factures qui m’en réclament, un appart à payer. (…) Jamais un rond dans les poches, obligée de frauder les transports, une vie vaguement insupportable. Incommodante parfois, souvent embarrassante au moment de la note, mais on s’y fait. Je me dis que les 'massages' me permettraient aisément le luxe de pouvoir choisir. Je ne réalise pas que c’est précisément tout l’inverse qui est en train de se produire: je n’aurai plus jamais le choix"
Pour une heure, Laura gagne entre 100 et 150 euros. Une rémunération alléchante qui la plonge dans le vice de "l’argent rapide mais pas facile".Internet, une protection illusoire
En quelques clics sur la toile, Laura s’improvise "escort girl":
"Je me sentais protégée derrière l’écran mais c’était un leurre, car au rendez-vous, j’étais toute seule et personne ne pouvait m’aider."
C’est en lisant une annonce sur Internet que Laura s’est laissée entraîner dans les rouages de la prostitution: "Jeune homme de 50 ans recherche masseuse occasionnelle. Etudiantes bienvenues." Au premier rendez-vous, le client lui lâche 250 euros. Pour Eva Clouet, auteure du livre "La prostitution à l’heure des nouvelles technologies de communication", "l’interface avec l’écran représente une protection illusoire":
"La première raison pour laquelle les étudiantes se prostituent reste le besoin d’argent. Ce sont des personnes issues de la classe moyenne. Les deux parents travaillent mais ne peuvent pas toujours financer les études de leurs enfants."
Plus qu’une nécessité financière, la prostitution représente pour certaines d’entre elles un moyen de sortir du carcan familial, à travers lequel elles ont reçu une éducation sexuelle très cadrée:
"Elles ont souvent souffert de ces interdits inculqués à l’adolescence. Pour rompre avec la morale familiale, la prostitution est la réponse forte à une société normalisante et contraignante. "
Et d’ajouter que "la prostitution n’est pas seulement une affaire de femmes, certains hommes se prostituent pour financer leurs études mais ils restent relativement minoritaires".
Par Caroline Vigoureux (Etudiante en journalisme)(Max Milo édi
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