DNA/STRASBOURG:PLUS DE 700 PERSONNES EXPULSÉES
posté le 10.01.2008 par diophante
DNA / Strasbourg : Plus de 700 personnes expulsées
Aucun incident majeur n’est à déplorer pour 2007 au centre de rétention de Geispolsheim, près de Strasbourg. Mais pour la Cimade, les quotas imposés aux préfectures depuis l’année dernière ont amené en rétention de nombreuses personnes qui n’avaient rien à y faire.
Fin décembre, les forces de l’ordre sont intervenues dans deux centres de rétention de la région parisienne afin de ramener le calme dans ces locaux où sont « retenues » plus de 280 personnes. Hier dans le Val-de-Marne, un Moldave de 36 ans s’est entaillé les veines dans le local de rétention administrative de Choisy-le-Roi avant son expulsion. Aujourd’hui, des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) devraient être à l’aéroport de Strasbourg pour protester contre l’expulsion d’un Marocain de 23 ans, en France depuis 9 ans et « retenu » à Geispolsheim depuis début décembre.

« L’année 2007 a vu se durcir considérablement les conditions de traitement des personnes en situation irrégulière sur le territoire français, » explique Muriel Mercier, coordinatrice interrégionale de la Cimade, seule association autorisée à pénétrer dans les centres de rétention administrative (CRA).
« Nous n’avons pas connu de rebellions au centre de Geispolsheim comme en région parisienne, pointe-t-elle, car les conditions de rétention sont plutôt bonnes. Les "retenus" ont accès à un confort acceptable, ils ne sont pas obligés de s’asseoir par terre comme à Metz, par exemple. »
Le centre de Geispolsheim peut accueillir 36 personnes ; les "retenus" sont actuellement 22. Mais il est parfois complet, selon la Cimade dont les statistiques font état de 827 personnes retenues dans ce centre en 2007. La grande majorité de ces personnes (703) ont été expulsées vers leur pays d’origine, selon diverses procédures (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, obligation de quitter le territoire français...). La gendarmerie, qui gère le centre de Geispolsheim, fait état de 839 retenus en 2007 (943 en 2006), dont 60% environ ont fait l’objet d’une mesure d’éloignement.
Traités comme des délinquants
« A cause des quotas - le ministère de l’intégration et de l’identité nationale a fixé un objectif de 25 000 expulsions par an -, reprend Muriel Mercier, nous voyons arriver en rétention des personnes qui n’avaient rien à y faire. Ainsi, un Albanais, qui vivait légalement en Suisse et qui était venu en touriste en Alsace pour le week-end, a été placé en rétention. Il y a quelques années, on lui aurait simplement fait remarquer qu’il ne pouvait séjourner en Alsace, et demandé de rebrousser chemin. Aujourd’hui, on l’embarque, pour les statistiques. »
Plus généralement, la Cimade déplore que les personnes interpellées en situation irrégulière soient traitées comme des délinquants : « Ils arrivent menottés au centre, relate Muriel Mercier. Ils ne comprennent pas ce qu’ils ont fait pour justifier un tel traitement. On passe notre temps à leur expliquer, à dédramatiser et à leur détailler leurs droits, car le délai de recours contre un arrêté de reconduite est de 48 heures. »
Pierre France
Édition du Sam 5 jan. 2008
DNA / Strasbourg : Plus de 700 personnes expulsées
Aucun incident majeur n’est à déplorer pour 2007 au centre de rétention de Geispolsheim, près de Strasbourg. Mais pour la Cimade, les quotas imposés aux préfectures depuis l’année dernière ont amené en rétention de nombreuses personnes qui n’avaient rien à y faire.
Fin décembre, les forces de l’ordre sont intervenues dans deux centres de rétention de la région parisienne afin de ramener le calme dans ces locaux où sont « retenues » plus de 280 personnes. Hier dans le Val-de-Marne, un Moldave de 36 ans s’est entaillé les veines dans le local de rétention administrative de Choisy-le-Roi avant son expulsion. Aujourd’hui, des militants du Réseau éducation sans frontières (RESF) devraient être à l’aéroport de Strasbourg pour protester contre l’expulsion d’un Marocain de 23 ans, en France depuis 9 ans et « retenu » à Geispolsheim depuis début décembre.

« L’année 2007 a vu se durcir considérablement les conditions de traitement des personnes en situation irrégulière sur le territoire français, » explique Muriel Mercier, coordinatrice interrégionale de la Cimade, seule association autorisée à pénétrer dans les centres de rétention administrative (CRA).
« Nous n’avons pas connu de rebellions au centre de Geispolsheim comme en région parisienne, pointe-t-elle, car les conditions de rétention sont plutôt bonnes. Les "retenus" ont accès à un confort acceptable, ils ne sont pas obligés de s’asseoir par terre comme à Metz, par exemple. »
Le centre de Geispolsheim peut accueillir 36 personnes ; les "retenus" sont actuellement 22. Mais il est parfois complet, selon la Cimade dont les statistiques font état de 827 personnes retenues dans ce centre en 2007. La grande majorité de ces personnes (703) ont été expulsées vers leur pays d’origine, selon diverses procédures (arrêté préfectoral de reconduite à la frontière, obligation de quitter le territoire français...). La gendarmerie, qui gère le centre de Geispolsheim, fait état de 839 retenus en 2007 (943 en 2006), dont 60% environ ont fait l’objet d’une mesure d’éloignement.
Traités comme des délinquants
« A cause des quotas - le ministère de l’intégration et de l’identité nationale a fixé un objectif de 25 000 expulsions par an -, reprend Muriel Mercier, nous voyons arriver en rétention des personnes qui n’avaient rien à y faire. Ainsi, un Albanais, qui vivait légalement en Suisse et qui était venu en touriste en Alsace pour le week-end, a été placé en rétention. Il y a quelques années, on lui aurait simplement fait remarquer qu’il ne pouvait séjourner en Alsace, et demandé de rebrousser chemin. Aujourd’hui, on l’embarque, pour les statistiques. »
Plus généralement, la Cimade déplore que les personnes interpellées en situation irrégulière soient traitées comme des délinquants : « Ils arrivent menottés au centre, relate Muriel Mercier. Ils ne comprennent pas ce qu’ils ont fait pour justifier un tel traitement. On passe notre temps à leur expliquer, à dédramatiser et à leur détailler leurs droits, car le délai de recours contre un arrêté de reconduite est de 48 heures. »
Pierre France
Édition du Sam 5 jan. 2008
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