TRAVAILLE PLUS QUE JE TE PIQUE PLUS

Publié le par diophante

Posté le 09.01.2008 par diophante

Celui qui place le travail au centre de sa politique, Nicolas Sarkozy, n’a jamais travaillé vraiment lui même. Les rares artistes qui viennent le soutenir sont justement ceux qui sont devenus des stars parcequ’ils sont devenus riches tout en revendiquant leur paresse : Henri Salavador, Johnny Hallyday ou Doc Gyneco. Devenir riche en dormant est bien « le rêve français » dont il parle. En stigmatisant les chômeurs le candidat de l’UMP oublie de préciser qu’il faut avoir cotisé pour percevoir, non pas un revenu d’assistanat, mais des indemnités d’une assurance chômage. Enfin, en détaxant, comme l’a fait George Bush, les transmissions d’héritages, il donne le signal inverse d’une politique de la valorisation du travail. Car aujourd’hui la France est divisée en deux, pas seulement sur le plan politique, mais aussi et surtout sur le plan économique. Il y a d’un côté ceux qui sont propriétaires de leur maison et de leur voiture, et les autres, qui ne travaillent plus que pour rembourser des crédits immobiliers ou à la consommation et qui sont donc totalement démotivés à travailler.
                                              

Etre utile aux autres est une condition essentielle au bonheur, à l’équilibre d’un individu et donc, c’est ce que nous recherchons tous, sans exception. Ce que l’on peut constater chez ceux qui parlent volontiers de la "valeur travail" , c’est que bien souvent, ils n’ont jamais travaillé eux-même ! D’après Albert Jacquard notamment, celui qui travaille (le mot "travail" est dérivé du mot trepalium, instrument de torture), est celui qui exerce une activité qu’il n’a pas choisi, juste pour subsister et non pas pour exister. Mr Sarkozy, par exemple, n’a jamais travaillé de sa vie car il a exercé des activités qu’il a choisi et qui lui ont permis de faire des rencontres, d’apprendre, de voyager etc. Des activités qui lui ont donné réellement le sentiment d’être utile, de s’épanouir. Monsieur Sarkozy n’a jamais reçu d’ordre provenant d’un petit chef, il n’a jamais du se lever tôt pour aller exécuter des tâches répétitives et ennuyeuses, voir dangereuses pour sa santé. De sorte que demander à ceux qui travaillent vraiment, eux, de "travailler plus pour gagner plus" et d’en faire même le thème principal de son combat politique, est tout simplement indécent provenant de quelqu’un dont les principaux amis sont des riches héritiers. J’ai vu également avec amusement lors d’un meeting à Bercy, que ce sont les chanteurs qui ont basés leur succès sur le rêve de la fainéantise lucrative qui sont venu soutenir le candidat de la valeur travail, un comble. Car on sait que vendre des disques c’est aussi comme le soulignait Serge Gainsbourg : « voler de l’argent aux pauvres ». C’est à dire que beaucoup de consommateurs, dans cette société de l’entertainement (c’est à dire une économie basée entièrement sur la glandouille), achètent des objets culturels comme on achète des billets de loto national. Ils achètent celui qui est devenu riche sans travailler. « Le travail c’est la santé, ne rien faire c’est la garder » est la phrase qui a fait le succès d’Henri Salvador par exemple. Le « rêve français » est de gagner plus en travaillant moins.

Nicolas Sarkozy est dangereux, non pas parce qu’il est de droite, car il existe une droite respectable. S’il est dangereux c’est qu’il épouse la stratégie principale des droites extrêmes de tout temps, c’est à dire la désignation de boucs émissaires à sacrifier. Parmi eux, cette espèce redoutable : les fainéants de chômeurs qui n’en foutent pas une rame et qui vivent sur le dos des honnêtes gens. Permettez-moi de soutenir ceux qui doivent « savoir se vendre » sur « le marché » aux bestiaux de l’emploi, avec tout ce que cela induit de stress, et qui en plus de cela, sont stigmatisés par toute une partie de notre société qui les considère en profiteurs alors qu’ils sont des victimes. Ils ont en outre, en passant, pour ceux qui bénéficient d’une assurance chômage et non pas d’une assistance, cotisés aux Assedics avant d’en profiter. Il faut avoir cotisé, et donc travaillé, plus de 12 mois et remplir certaines conditions. Ce que la droite et en particulier Mr Sarkozy, oublie bien volontiers de rappeler pour mieux imposer progressivement une société du travail forcé au profit d’une minorité. Car le choix de son travail est une liberté fondamentale qui fait la différence entre une démocratie et une dictature. Je veux pouvoir, Mr sarkozy, non seulement choisir mon emploi, mais aussi choisir les gens avec qui je vais travailler et l’entreprise pour laquelle je vais devoir travailler. L’ANPE pourra vous proposer un emploi qui sur la papier semble intéressant. Mais lorsque vous vous rendrez-compte par exemple, que cette entreprise n’est pas sérieuse, aurez-vous le droit oui ou non de refuser le poste ? Si demain l’ANPE m’oblige à travailler pour Bouygues ou Dassault, je veux avoir le droit de refuser. La question est aussi et surtout celui des emplois que l’on propose, de la motivation à souhaiter exercer des emplois qui de plus en plus, ne donnent pas le sentiment d’être réellement utile à la communauté, mais uniquement à alimenter les comptes en banque de trop riches familles. Valoriser vraiment le travail c’est par exemple, lui donner la priorité sur l’héritage dans les conditions d’une réussite sociale. Et c’est le contraire que souhaite faire Nicolas Sarkozy en détaxant les successions.
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Publié dans POLITIQUE

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