KETALA

Publié le par diophante

Posté le 01.11.2007 par diophante


Livrés à eux-mêmes dans une maison vide, les meubles, objets, vêtements et bijoux de Mémoria, jeune femme sénégalaise, parlent, se parlent entre eux puisque leur langage n'est pas accessible aux Hommes, et racontent la vie de celle qu'ils ont bien connue, se remémorant les évènements qui se succédèrent dans la terrible vie de Mémoria, depuis le soleil de Dakar jusqu'au froid mordant de l'Alsace. Dans cette assemblée générale atypique que le Masque préside, le Canapé prend la parole pour raconter les journées où Mémoria s'y affalait avec déséspoir en réalisant que jamais elle ne consommerait son mariage avec Makhou, Collier de perles se rappelle des larmes qui coulèrent jusqu'à lui, Bëthio, le pagne coquin, se souvient de ses stratagèmes de séduction, Téléphone de ses conversations, Assiette de ses mets succulents et de ses plats de disette... Car Mémoria vient de mourir et dans quelques jours la tradition veut que l'on organise le Kétala, c'est-à-dire le partage des biens de la défunte aux autres membres de la famille.

Fatou Diome nous livre un deuxième roman toujours à cheval entre les traditions africaines, bonnes et mauvaises, et la vie occidentale, avec cette fois une langue que j'ai trouvée encore plus musicale et poétique




Fatou Diome
L’écrivaine sénégalaise Fatou Diome vit en France depuis 1994. Elle a publié deux romans et de nombreuses nouvelles dans lesquels elle évoque avec humour et dérision les travers de l’Afrique et de l’Europe.


Une enfance sénégalaise
Fatou Diome naît en 1968 à Niodor, une petite île située au large des côtes sénégalaises. A l’âge de 13 ans, Fatou quitte le village pour les collèges des grandes villes du pays. Souvent seule, la jeune élève se plonge dans la lecture des célèbres écrivains africains et européens, dévorant les pages avec un appétit insatiable. La lecture lui permet de s’évader et de comprendre ce qui l’entoure. Alors, elle prend la plume à son tour, alignant les mots sur un cahier, sans savoir où ils pourraient la mener. L’adolescence passée, Fatou s’inscrit à l’Université Cheik Anta Diop de Dakar et s’intéresse au langage de l’image ainsi qu’au cinéma.









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Publié dans PASSION

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