APHRODITES CHILS=666
Posté le 11.10.2007 par diophante
Bam ! Voilà un disque totalement déjanté, totalement marginal, totalement inédit, et totalement jouissif. Quatre musiciens grecs (et vous en connaissez certains, si, si !) vont repousser les limites du délire jusqu'au délà d'un point plus jamais franchi par la suite.
Imaginez : en 1971, alors que l'album-concept est encore embryonnaire et que l'on parle seulement de pompeux opéra-rocks, voilà que Aphrodite's Child, jusqu'alors connu pour quelques variétés gentillettes comme "Rains & Tears" ou "It's five o'clock", invente un genre avant les anglo-saxons. Et pas des moindres : un concept-album sur l'Apocalypse de St. Jean. C'est que le groupe abrite comme paniste-compositeur le multi-instrumentiste Vangelis Papathanassiou, plus tard auteur des B.O. de "Bladerunner" et "1492 Christophe Colomb". Mais aussi un certain Demis Roussos qui n'a pas encore posé son génial jeu de basse pour plonger tête baissée dans la soupe.

Et quel est le résultat ? Un double-album géant et mythique. Des morceaux allant de 19 minutes à 23 secondes, des changements de genre à chaque piste, et un incroyable brassage d'influences. Du rock psyché dans "the four horsemen", du jazz (et un mortel duo de saxos) sur "Altamont", un solo de percu époustouflant sur "The wedding of the lamb", un récital de piano à deux accords sur "loud, loud, loud", un exercice vocal de l'actrice Irene Papas sur "8", et des sons de synthés jamais irritants qui barrent dans tous les sens, des voix sorties de nulle part (mais combien de personnes différentes ont posé leur organe dans ce disque ???), et une série de mystères. Il faudra ainsi de longues investigations pour savoir ce que signifient les diatribes qui ponctuent certains morceaux, quels sont les sons bizarres que l'on entend dans tel ou tel passage. Un seul point conducteur : ce batteur est un dieu (grec), la basse est monstrueusement bonne, et la guitare est tout bonnement à se damner (sur "the battle of the locust" et "do it", Silver Koulouris devient un véritable Jimi Hendrix héllénique); dernier mais pas des moindres : le son, éthéré, brûlant, méditerranéen, ou plus exactement, plein d'accents de mer Egée.
Le groupe mit plus d'un an à enregistrer "666". Censuré à sa sortie, à cause de la référence religieuse dans certains pays, ou à cause de la référence à une substance dans la pochette (le "Shahlep", qui est en fait une inoffensive boisson turque), "666" attendra 1972 pour sortir, et des années pour être reconnu à sa juste valeur. On peut espérer que le rock progressif grec ne se limite pas à ce disque (il va falloir jouer les archéologues pour retrouver les équivalents athéniens de Ange). Mais cet album à lui seul est époustouflant.
Bam ! Voilà un disque totalement déjanté, totalement marginal, totalement inédit, et totalement jouissif. Quatre musiciens grecs (et vous en connaissez certains, si, si !) vont repousser les limites du délire jusqu'au délà d'un point plus jamais franchi par la suite.
Imaginez : en 1971, alors que l'album-concept est encore embryonnaire et que l'on parle seulement de pompeux opéra-rocks, voilà que Aphrodite's Child, jusqu'alors connu pour quelques variétés gentillettes comme "Rains & Tears" ou "It's five o'clock", invente un genre avant les anglo-saxons. Et pas des moindres : un concept-album sur l'Apocalypse de St. Jean. C'est que le groupe abrite comme paniste-compositeur le multi-instrumentiste Vangelis Papathanassiou, plus tard auteur des B.O. de "Bladerunner" et "1492 Christophe Colomb". Mais aussi un certain Demis Roussos qui n'a pas encore posé son génial jeu de basse pour plonger tête baissée dans la soupe.

Et quel est le résultat ? Un double-album géant et mythique. Des morceaux allant de 19 minutes à 23 secondes, des changements de genre à chaque piste, et un incroyable brassage d'influences. Du rock psyché dans "the four horsemen", du jazz (et un mortel duo de saxos) sur "Altamont", un solo de percu époustouflant sur "The wedding of the lamb", un récital de piano à deux accords sur "loud, loud, loud", un exercice vocal de l'actrice Irene Papas sur "8", et des sons de synthés jamais irritants qui barrent dans tous les sens, des voix sorties de nulle part (mais combien de personnes différentes ont posé leur organe dans ce disque ???), et une série de mystères. Il faudra ainsi de longues investigations pour savoir ce que signifient les diatribes qui ponctuent certains morceaux, quels sont les sons bizarres que l'on entend dans tel ou tel passage. Un seul point conducteur : ce batteur est un dieu (grec), la basse est monstrueusement bonne, et la guitare est tout bonnement à se damner (sur "the battle of the locust" et "do it", Silver Koulouris devient un véritable Jimi Hendrix héllénique); dernier mais pas des moindres : le son, éthéré, brûlant, méditerranéen, ou plus exactement, plein d'accents de mer Egée.
Le groupe mit plus d'un an à enregistrer "666". Censuré à sa sortie, à cause de la référence religieuse dans certains pays, ou à cause de la référence à une substance dans la pochette (le "Shahlep", qui est en fait une inoffensive boisson turque), "666" attendra 1972 pour sortir, et des années pour être reconnu à sa juste valeur. On peut espérer que le rock progressif grec ne se limite pas à ce disque (il va falloir jouer les archéologues pour retrouver les équivalents athéniens de Ange). Mais cet album à lui seul est époustouflant.
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