DANIEL ELENA MAITRE DU TEMPS DE SEBASTIEN LOEB
Posté le 31.07.2007 par diophante
Copilote de Sébastien Loeb, Daniel Elena s'épanouit dans son ombre en vantant leur amitié unique née au coeur des virages du monde entier au fil de ses dix dernières années.

Leurs débuts remontent au Rallye des Cévennes en 1997. Depuis, les deux compères installés en Suisse font la gloire de Citroën. Daniel Elena, 34 ans, espère clôturer sa saison par un quatrième titre de champion du monde après ceux de 2004, 2005 et 2006. A la veille du rallye de Finlande, le Monégasque a posé son casque arborant son fétiche marsupilami pour se confier à Reuters.
Réputé bavard, comment faites-vous en course ?
Daniel Elena : Comme tout latin qui se respecte, bavarder est ma spécialité. Mais en course, je suis sur la réserve, me tenant au strict minimum pour une efficacité maximale. L'arrivée franchie, je reprends mes vieilles habitudes de sudiste.
Au point de raser votre pilote ?!
Parfois, il peine à trouver l'interrupteur. Mais, comme on se connaît depuis dix ans, un seul regard suffit pour se comprendre. Un coup d'oeil sur mes notes hiéroglyphes, un coup d'oeil à mon pilote et le tour est joué.
Finalement, vous êtes presque comme un vieux couple.
Au quotidien, nous sommes amis et complices. Lancés à pleine vitesse, nous sommes synchronisés et en osmose. On se connaît pas coeur. On se pige dans le dixième de seconde. Le moindre hic est mis à plat dans la seconde. Au centimètre près, je sais où il va passer, où il va freiner, où il va attaquer. "Seb" est un cerveau capable de réciter par coeur toutes les spéciales d'un rallye alors qu'il est incapable de retenir les noms de gens. Comme un ordinateur, il sait où et comment partout. Moi, je suis ses yeux .
A l'arrivée, vous ne faites plus qu'un ?
Non, nous formons une triplette soudée : le pilote, le copilote et la voiture. Avec son volant en guise de baguette, "Seb" est le chef d'orchestre. La voiture est l'orchestre. Je tiens la partition.
Plus largement, comment définissez-vous votre rôle à ses côtés ?
Je suis son secrétaire, son homme à tout faire, son aide de camp. Un copilote doit tout apporter à son pilote afin qu'il se concentre exclusivement sur son pilotage. Je dois le décharger d'un maximum de choses, anticiper, organiser et planifier. Je suis son maître du temps.
Vous ne doutez jamais de lui ?
Je lui fais une confiance aveugle. S'il se fait des frayeurs ou des chaleurs, moi, pas. En Finlande, je m'éclate quand on décolle sur les bosses, qu'on vole. En règle générale, je prends toujours tellement de plaisir que je suis frais comme un gardon à l'arrivée.
Lire vos notes ne vous donne pas envie de vomir ?
Le fait d'être hyper concentré efface cette envie.
Etre dans son ombre ne vous dérange pas ?
Absolument pas. Depuis tout gamin, mon rêve a toujours été de vivre du sport automobile. Du genre peinard, je ne cherche pas les feux de la rampe. Je ne cherche pas à être connu. Etre reconnu me suffit. Si un jour, je cherche à être connu, je ferai la "Star Ac".
Avec quel répertoire ?
Des chansons paillardes.
Que vous répétez lors de vos spéciales ?
Non... mais lors des routiers souvent interminables ou après les assistances, Dalida nous accompagne. Seules ses chansons sont autorisées, notamment "Paroles", notre porte-bonheur.
Avec Loeb, partiriez-vous en vacances ensemble ?
Sans problème. Depuis dix ans, on a vraiment grandi ensemble dans les mêmes galères, les mêmes joies. "Seb" est mon meilleur pote. Je sais tout de lui. Il sait tout de moi. Notre amitié nous sert dans notre boulot. Au départ, je n'aurais jamais pensé arriver un jour à un tel degré d'amitié. C'est rare.
Vos épouses ne sont-elles pas jalouses ?
Heureusement, elles sont très amies. Mais parfois, on se demande si elles ne nous connaissent pas moins que nous nous connaissons tous les deux. Nous habitons à cinq kilomètres l'un de l'autre. Nous faisons tout ensemble : aller boire un petit café, au resto ou faire du sport.
Quelle différence entre lui et vous ?
Son côté froid venu d'Alsace et mon côté chaud latin fondent notre force, notre complémentarité.
Son plus gros défaut ?
Sauf au départ d'une course, il est toujours en retard. Pis, il essaye de me persuader que nos montres ne donnent pas la même heure. Je lui laisse croire qu'il a raison.
Copilote de Sébastien Loeb, Daniel Elena s'épanouit dans son ombre en vantant leur amitié unique née au coeur des virages du monde entier au fil de ses dix dernières années.

Leurs débuts remontent au Rallye des Cévennes en 1997. Depuis, les deux compères installés en Suisse font la gloire de Citroën. Daniel Elena, 34 ans, espère clôturer sa saison par un quatrième titre de champion du monde après ceux de 2004, 2005 et 2006. A la veille du rallye de Finlande, le Monégasque a posé son casque arborant son fétiche marsupilami pour se confier à Reuters.
Réputé bavard, comment faites-vous en course ?
Daniel Elena : Comme tout latin qui se respecte, bavarder est ma spécialité. Mais en course, je suis sur la réserve, me tenant au strict minimum pour une efficacité maximale. L'arrivée franchie, je reprends mes vieilles habitudes de sudiste.
Au point de raser votre pilote ?!
Parfois, il peine à trouver l'interrupteur. Mais, comme on se connaît depuis dix ans, un seul regard suffit pour se comprendre. Un coup d'oeil sur mes notes hiéroglyphes, un coup d'oeil à mon pilote et le tour est joué.
Finalement, vous êtes presque comme un vieux couple.
Au quotidien, nous sommes amis et complices. Lancés à pleine vitesse, nous sommes synchronisés et en osmose. On se connaît pas coeur. On se pige dans le dixième de seconde. Le moindre hic est mis à plat dans la seconde. Au centimètre près, je sais où il va passer, où il va freiner, où il va attaquer. "Seb" est un cerveau capable de réciter par coeur toutes les spéciales d'un rallye alors qu'il est incapable de retenir les noms de gens. Comme un ordinateur, il sait où et comment partout. Moi, je suis ses yeux .
A l'arrivée, vous ne faites plus qu'un ?
Non, nous formons une triplette soudée : le pilote, le copilote et la voiture. Avec son volant en guise de baguette, "Seb" est le chef d'orchestre. La voiture est l'orchestre. Je tiens la partition.
Plus largement, comment définissez-vous votre rôle à ses côtés ?
Je suis son secrétaire, son homme à tout faire, son aide de camp. Un copilote doit tout apporter à son pilote afin qu'il se concentre exclusivement sur son pilotage. Je dois le décharger d'un maximum de choses, anticiper, organiser et planifier. Je suis son maître du temps.
Vous ne doutez jamais de lui ?
Je lui fais une confiance aveugle. S'il se fait des frayeurs ou des chaleurs, moi, pas. En Finlande, je m'éclate quand on décolle sur les bosses, qu'on vole. En règle générale, je prends toujours tellement de plaisir que je suis frais comme un gardon à l'arrivée.
Lire vos notes ne vous donne pas envie de vomir ?
Le fait d'être hyper concentré efface cette envie.
Etre dans son ombre ne vous dérange pas ?
Absolument pas. Depuis tout gamin, mon rêve a toujours été de vivre du sport automobile. Du genre peinard, je ne cherche pas les feux de la rampe. Je ne cherche pas à être connu. Etre reconnu me suffit. Si un jour, je cherche à être connu, je ferai la "Star Ac".
Avec quel répertoire ?
Des chansons paillardes.
Que vous répétez lors de vos spéciales ?
Non... mais lors des routiers souvent interminables ou après les assistances, Dalida nous accompagne. Seules ses chansons sont autorisées, notamment "Paroles", notre porte-bonheur.
Avec Loeb, partiriez-vous en vacances ensemble ?
Sans problème. Depuis dix ans, on a vraiment grandi ensemble dans les mêmes galères, les mêmes joies. "Seb" est mon meilleur pote. Je sais tout de lui. Il sait tout de moi. Notre amitié nous sert dans notre boulot. Au départ, je n'aurais jamais pensé arriver un jour à un tel degré d'amitié. C'est rare.
Vos épouses ne sont-elles pas jalouses ?
Heureusement, elles sont très amies. Mais parfois, on se demande si elles ne nous connaissent pas moins que nous nous connaissons tous les deux. Nous habitons à cinq kilomètres l'un de l'autre. Nous faisons tout ensemble : aller boire un petit café, au resto ou faire du sport.
Quelle différence entre lui et vous ?
Son côté froid venu d'Alsace et mon côté chaud latin fondent notre force, notre complémentarité.
Son plus gros défaut ?
Sauf au départ d'une course, il est toujours en retard. Pis, il essaye de me persuader que nos montres ne donnent pas la même heure. Je lui laisse croire qu'il a raison.
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