DES CLANDESTINS AUX PETITS SOINS D'UNE RESIDENCE DE NICOLEON

Publié le par diophante

Posté le 16.06.2007 par diophante



Deux sans-papiers ont été interpellés sur le chantier de la Lanterne.

Par Catherine COROLLER

QUOTIDIEN : samedi 16 juin 2007
Des clandestins aux petits soins d’une résidence d’Etat

L’affaire des deux ouvriers maliens en situation irrégulière interpellés sur le chantier de rénovation du pavillon de La Lanterne à Versailles (Yvelines) suscite une certaine gêne du côté du gouvernement, et une franche rigolade chez les défenseurs des sans-papiers. Des clandestins restaurant la résidence officielle des Premiers ministres, dans laquelle Nicolas Sarkozy ­ qui a fait de la lutte contre l’immigration l’un de ses chevaux de bataille ­ s’est rendu plusieurs fois depuis son élection, cela fait désordre.

« Ça prouve qu’on a besoin des sans-papiers et qu’ils travaillent », raille Bahija Benkouka, porte-parole du 9e collectif des sans-papiers. « Quand on a rencontré Brice Hortefeux [ministre de l’Immigration, de l’Intégration et de l’Identité nationale, ndlr], le 11 juin, c’est tout juste s’il n’a pas traité le patron de Buffalo Grill [chaîne de restauration qui employait des sans-papiers, ndlr] de voyou », ironise Nathalie Ferré, présidente du Gisti (Groupe d’information et de soutien des immigrés). Vendredi, la CGT, syndicat qui mène des actions aux côtés d’étrangers en situation irrégulière salariés ­ dont ceux de Buffalo Grill­, essayait de déterminer dans quelles conditions les deux Maliens étaient employés. Jean-Claude Creps, dirigeant de l’entreprise Chapelle et compagnie, chargée du chantier de la Lanterne, était aux abonnés absents.

Du côté du gouvernement, le souci est surtout d’ouvrir le parapluie. Le Parisien, qui a révélé l’affaire, a sous-entendu que les travaux correspondaient à une remise en état de la piscine demandée par Sarkozy. « Je m’inscris en faux, il n’y pas de travaux sur la piscine, répond Serge Lasvignes, secrétaire général du gouvernement. Il s’agit de la suite d’un programme de restauration lancé en 2002, et qui consiste à réenduire, replâtrer et reboucher les fissures du mur qui entoure la cour d’honneur devant le pavillon. » L’accès aux résidences officielles étant strictement contrôlé, l’entreprise chargée du chantier a fourni une liste des ouvriers.

Mercredi, les Maliens se sont présentés à la porte : « Ils n’étaient pas sur la liste, poursuit Serge Lasvignes. Les policiers leur ont demandé de justifier leur identité. » Les deux hommes auraient alors produit des papiers qui se seraient révélés faux. Arrêtés, placés en garde à vue, ils ont été libérés jeudi. « Deux APRF [arrêtés préfectoraux de reconduite à la frontière, ndlr] ont été pris à leur encontre », indiquait vendredi la préfecture des Yvelines.

Le même jour, le procureur de Versailles a annoncé l’ouverture d’une enquête préliminaire « sur ces fausses cartes de résident que ces deux travailleurs possèdent apparemment depuis 2004 ». Et d’ajouter : « Selon les premiers éléments de l’enquête, l’entreprise qui les a employés l’a fait en toute bonne foi ; elle ne sera donc pas poursuivie. »

© Libération
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Publié dans RESF

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