SEGO/SARKO

Publié le par diophante

Posté le 03.05.2007 par diophante
Sarkozy a la mainmise sur certains médias: vrai

Martin Bouygues, Arnaud Lagardère, Jean-Pierre Elkabbach, Nicolas Beytout: à la tête de nombreux médias figurent des professionnels qui sont parfois des amis, en tout cas de vieilles connaissances. Et Sarkozy a le coup de fil facile. L'Express avait raconté comment le candidat appela Edouard de Rothschild, l'actionnaire principal de Libération, à la suite d'une Une: «Impôt sur la fortune de Sarkozy: le soupçon». Le 8 mars, Simone Veil annonce son ralliement. C'est un geste que l'équipe de campagne estime capital. L'information ouvrira le Journal de 20 heures de TF 1 et fera la pleine Une du Figaro. Le Canard enchaîné a relaté plusieurs scènes de menaces lancées par le candidat. Entre les deux tours, Ségolène Royal et François Bayrou ont accusé Sarkozy d'avoir fait «pression» sur des médias pour empêcher la tenue de leur débat - qui eut lieu le 28 avril.

Comme Chirac, Sarkozy promet beaucoup mais ne fera rien: joker

Pendant la campagne, il a oscillé entre plusieurs attitudes. La distribution tous azimuts de promesses, qui a fait toussoter les élus spécialistes des questions financières autour de lui; les engagements précis qu'il se dit certain de pouvoir tenir. Son score du premier tour - une petite humiliation a posteriori pour le
président sortant - lui donnera peut-être, s'il est élu, les coudées plus franches pour appliquer ses réformes. Chirac voyait en premier la fragilité de la société française, Sarkozy mise d'abord sur sa capacité de mouvement. Mais, quand on sait qu'il était près de revenir sur sa proposition controversée de «ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale» avant de la maintenir devant de bons sondages, on se dit qu'il évoluera forcément sur d'autres sujets, quitte à se renier.

Sarkozy dresse les Français les uns contre les autres: vrai

C'est le prix à payer pour une stratégie qui refuse le consensus mou. Nicolas Sarkozy est un candidat qui fabrique du clivage. Il peut s'en féliciter, puisque les électeurs qui votent pour lui adhèrent vraiment à son projet, quand ceux qui privilégient Ségolène Royal le font, pour un certain nombre d'entre eux, d'abord par rejet de son adversaire. Il doit s'en méfier, parce qu'il suscite des hostilités fortes. Fonctionnaires contre salariés du privé, France rurale contre banlieues, etc.: s'il promet d'être un président qui saura rassembler, il a mené jusqu'au premier tour une campagne qui voulait amener chacun à se positionner. Son langage illustre sa stratégie. «Il est recommandé qu'un président de la République se fasse comprendre des citoyens qu'il entend représenter», a-t-il prévenu.

Sarkozy croit qu'il a déjà gagné: vrai

Publiquement, il a toujours affirmé qu'il se retrouverait au second tour face à Ségolène Royal et que le résultat serait serré. De fait, il n'a jamais «relâché l'effort», comme on dit des sportifs. En privé, il assure depuis longtemps qu'il va l'emporter. A son retour de la Réunion, en février, à son départ de la Place Beauvau, en mars, dans les dernières semaines de campagne, en avril, il a souvent confié à ses proches qu'il pensait gagner. Au soir du premier tour, il a carrément exulté - et sa performance électorale historique pouvait justifier sa réaction. Il a même cru la victoire acquise, au point de singer la fameuse scène de Jacques Chirac traversant Paris en voiture, la fenêtre ouverte. Sauf que Chirac, lui, avait attendu le second tour


Royal est sectaire: vrai

Elle considère que ses adversaires politiques sont des ennemis, et que toute marque de civilité relève de l'hypocrisie. En décembre 2006, lors de son voyage en Israël, elle a ainsi refusé de saluer Françoise de Panafieu, rappelant que, la veille du jour où les deux femmes se sont croisées, la députée UMP avait eu à son égard des propos que Ségolène Royal jugeait désobligeants. En 2004, lorsqu'elle a pris ses fonctions à la tête de la région Poitou-Charentes, elle avait refusé, comme c'était la tradition jusque-là, que les élus de l'opposition participent au déjeuner après une réunion de la commission permanente. D'après la nouvelle présidente, ce n'était pas à la majorité de payer leur repas.

Royal décide toute seule: vrai

La candidate socialiste a une particularité, elle ne doute absolument de rien - c'est une force, qui lui a permis de tenir notamment face aux attaques de ses propres amis, et c'est une faiblesse, qui l'isole dans sa pratique du pouvoir. Depuis le début de la campagne interne pour l'investiture, elle est convaincue d'avoir choisi la bonne stratégie, convaincue aussi qu'elle n'est jamais meilleure que lorsqu'elle se fie à son instinct. Rares sont les proches avec qui elle discute vraiment - la plupart des membres de sa propre équipe ont régulièrement découvert dans la presse ses initiatives, l'assemblée constituante pour réformer la Constitution, le contrat première chance... Jusqu'à sa main tendue à François Bayrou: «C'est elle, la candidate», rétorque sèchement François Rebsamen, l'un de ses deux directeurs de campagne, lorsqu'il est interrogé sur la méthode.


Royal admire Tony Blair: vrai, mais...

Le 2 février 2006, la candidate à la candidature socialiste stupéfie ses amis en rendant hommage au Premier ministre britannique: dans une interview au Financial Times, elle loue son action en faveur des services publics, mais aussi son efficacité dans la lutte contre le chômage des jeunes. Il a su convaincre les entreprises de leur faire confiance, mélanger flexibilité et sécurité, explique-t-elle en substance. Le propos est courageux quand on sait que, pour les socialistes français, Tony Blair n'est qu'une Margaret Thatcher en pantalon!

Pourtant, peu à peu, la référence britannique va s'affadir dans les discours de Ségolène Royal, qui préférera vanter les atouts du modèle scandinave. Dans ses propositions, la candidate socialiste semble rester française, empruntant à la fois à Lionel Jospin (dans l'esprit des emplois-jeunes), tantôt à Dominique de Villepin (l'esprit du CPE). De Tony Blair, elle aura toutefois adopté une partie de la méthode: la triangulation, cet art de piquer les thèmes de l'adversaire pour les traiter à sa manière. Sans faire sien le cœur de la démarche blairiste: l'arrivée au pouvoir du leader britannique a été précédée de dix ans de travail de fond au sein du Labour.

Royal n'est pas au niveau présidentiel: joker

C'est l'un des arguments les plus utilisés par ses détracteurs, à droite mais aussi au sein de sa propre famille politique. Une polémique étayée par une série de propos pour le moins malheureux au cours de ses voyages en Chine et au Proche-Orient, et aussi par l'amateurisme, parfois, qui a paru régner sur sa campagne. Pour tenter de pallier ce handicap, chaque fois qu'elle avait au téléphone un baron du PS, elle n'avait qu'une demande à formuler: «Dis du bien de moi.» Si elle est élue, Ségolène Royal sera sans doute, les premiers mois, une présidente «sous surveillance», qui devra prouver aux Français qu'elle a l'envergure et la stature de la fonction.

Ce billet est tiré d'un article de l'express
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Publié dans POLITIQUE

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